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    Modifié 19 Nov. 2015

    Manufacture royale de la Trivalle

    Le nom de « Manufacture Royale » était apposé avec les armes du roi de France sur la principale porte d’entrée, tandis que le portier était habillé de la livrée royale. Des avantages matériels accompagnaient ces privilèges honorifiques. Chaque Manufacture Royale recevait trois mille livres par an en guise de subvention pour le loyer et une gratification pour la quantité de draps exportée au Levant. En contrepartie, les Manufactures Royales devaient maintenir le nombre de leurs métiers en activité et assurer une production minimum.

    Au pied du Pont-Vieux, sur la rive droite de l’Aude, une façade témoigne de cette période prospère pour la ville. Ancienne demeure d’une famille noble carcassonnaise, le bâtiment est racheté en 1694 par un proche de Colbert qui y fonde une manufacture de draps. Cette dernière prendra le titre de Manufacture Royale en 1696. Le seul bâtiment datant de cette époque, toujours visible, est la demeure des propriétaires. Cette construction est, en de nombreux points, similaire à celles de la Ville Basse datant du XVIIIe siècle. On peut encore y observer une entrée en avant-corps, des ouvertures en plein cintre, des mascarons et des balcons en fer forgé. La Manufacture Royale se développa jusqu’en 1789, mais par manque d’investissement, de modernisation des équipements et de rigueur comptable, l’établissement fit faillite. Une entreprise de tri de chiffons y installera alors son activité jusqu’en 1952.

    L’ancien bâtiment augmenté de nouvelles constructions accueille la cité administrative. Sur la porte latérale de l’ancienne manufacture, a disparu le mot : « Royale », il fut effacé en 1789, pendant la Révolution Française. Cette façade, restaurée en 2013, présente aujourd’hui une restauration de qualité appréciée de tous.
    (C. Marquié)